Edito

 

Chef d’entreprise et homme-orchestre ou chef d’orchestre et homme d’entreprise

Homme de pouvoir l’un et l’autre, chef d’entreprise et chef d’orchestre sont-ils si dissemblables que leurs secteurs d’activité respectifs pourraient le laisser à penser ?

Diriger un orchestre, diriger une entreprise, une terminologie commune pour définir les actions d’hommes à la tête d’une équipe. Autocrates exigeants, ayant le goût du pouvoir et de la liberté, ils sont au départ de tout et premiers à l’arrivée, ils doivent donner l’impulsion et maintenir la cadence afin de conduire leur équipe vers un projet commun.

RASSEMBLER

Tant dans un orchestre qu’au sein d’une entreprise, le rôle du patron sera de donner la mesure afin que chacun puisse apporter le meilleur de lui-même et ait le sentiment d’être associé à l’action.

Ainsi, nos « chefs » devront naviguer entre les différentes personnalités de chacun, les exigences de la vie d’entreprise et devront faire en sorte d’assurer la cohérence de l’équipe et lui permettre de rester en phase avec les besoins de la partition.

En fait, il s’agit du difficile et enrichissant exercice qui consiste à réunir les cultures, les solidarités, les esprits, les talents et savoir- faire afin de tendre vers une harmonie en évitant les couacs et les bugs.

Savoir mettre en avant les solistes, mais être là pour rappeler à chacun sa fonction s’il se disperse et assurer l’équilibre entre les souhaits de l’individu et la cohérence de l’équipe.

Vision, écoute, flexibilité, simplicité et goût de l’excellence.

CONDUIRE

Le chef d’orchestre assure l’exécution d’une œuvre en accord avec la partition en s’assurant du concours de tous ses musiciens, mais il n’est que très rarement l’auteur de la partition et ne doit pas faire face aux mêmes responsabilités que le chef d’entreprise.

Quant à ce dernier, non seulement il écrit la partition mais se doit aussi d’être efficace dans la mise en synergie des individus et d’une équipe.

Assumant la responsabilité civile et pénale en cas de manquement à la législation du travail, et devant se conformer au droit des affaires ainsi qu’aux réalités économiques, le chef d’entreprise doit faire face à des contraintes qui l’amènent à assumer seul tous les risques et à parfois se retrouver « au four et au moulin ».

Ainsi, devant tout à la fois, produire, vendre, gérer, manager, le chef d’entreprise devient homme-orchestre et non plus chef d’orchestre.

Le chef d’entreprise semble donc être l’intermédiaire entre le chef d’orchestre d’une fanfare militaire où l’on joue exactement la partition et l’on marche au pas et le Leader d’une Jazz Session.

L’analogie entre ces deux métiers, développée dans les années 1960 par quelques « papes » du management, est de nouveau d’actualité et de nombreux séminaires sont actuellement proposés, où chefs d’entreprise et chef d’orchestre mettent en commun leurs expériences et leur savoir-faire et où l’activité musicale est présentée comme un challenge fondateur d’esprit de groupe.

Le mot de la fin, aux allures de métaphore, appartient à Arturo Toscanini et interpellera sans doute toute personne ayant des responsabilités de management : « Il y a deux sortes de chef d’orchestre: ceux qui ont la partition dans la tête et ceux qui ont la tête dans la partition. »

Jean-Jacques Goy

AGENCE WEB IMEDIA.CH