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COLLOQUES & FORUMSInnover, se remettre en question......ou disparaître (15 octobre 2005)Lieu: Reflets du colloque
L'innovation . n'est pas un sujet nouveau ! Au contraire, c'est une
question récurrente et fondamentale pour assurer la pérennité de
l'entreprise. L'innovation nécessite une attitude d'anticipation du
changement et un comportement proactif. La pratique a notamment
démontré qu'il est plus facile d'innover de manière incrémentale, par
petits sauts, que radicalement. Parfois aussi les succès du passé
peuvent aussi jouer le rôle de freins à l'innovation. Pour
le professeur Bernard Catry, de HEC Lausanne, l'innovation est d'abord
une remise en question des modèles mentaux qui paralysent une
organisation. Il faut choisir, parmi les idées, certaines d'entre elles
et les mettre en ouvre avec succès pour offrir une valeur différente au
client, par exemple au travers de l'esthétique, de la fabrication, du
stockage, de la logistique, ou d'une méthode de marketing.
Chez Felco, dont le métier de base est le développement et la
fabrication d'outils de coupe et de taille pour professionnels, M.
Laurent Perrin applique une stratégie de différenciation par
l'innovation technologique selon trois critères-client : l'ergonomie,
la productivité et la durabilité. L'innovation en PME requiert un cadre
clair, des antennes actives auprès des clients, une culture
d'entreprise ouverte et un team avec une vision et de l'autonomie.
M. Jan Beekmann a fait face, chez Laurastar, fabricant de produits à
repasser high-tech, au déclin du produit phare en fin de cycle de vie.
Il a défini une nouvelle stratégie d'entreprise avec une vision, une
mission et des objectifs clairs. Sept nouveaux produits ont été lancés
et une nouvelle identité visuelle plus « glamour » créée. Le chiffre
d'affaires 2005 devrait être supérieur de 20% à celui de 2004, avec des
marges en progression. « Un banquier parlant d'innovation, c'est un peu comme un diabétique parlant de confiserie », confie avec malice M. Manuel Leuthold, de l'UBS. Parmi les questions iconoclastes du banquier : pourquoi est-ce que les PME innovantes ne font pas forcément les meilleurs résultats ? Peut-on apprendre à devenir innovant ? Pourquoi est-ce qu'être le premier n'est pas toujours un avantage ? Et, parmi les propositions de M. Leuthold, il faut mettre en adéquation idée et structure, créer une culture de la remise en question, se comparer aux meilleurs par du benchmarking. «
Evitons le syndrome du Titanic, soit la confiance inébranlable en les
icebergs des règles en vigueur », affirme Mme Josée Bélanger-Simko, de
Toutmorrow. La règle à avoir est d'inhiber les réponses habituelles,
d'accepter les imprévus, d'être pertinent avant d'être performant. La «
femme multitâches et communicante » est à la fois une cible porteuse et
un vecteur d'innovation. Pour Mme Elisabeth Koestner, formatrice en
entreprises, l'innovation peut être stimulée par l'approche de la
neurologie et des sciences humaines. La théorie de l'évolution montre
que tous ceux qui n'ont pas su évoluer ont disparu dans une temporalité
qui s'accélère. L'innovation commence dans le cerveau par synapses
entre cellules, selon la plasticité cérébrale formée par le vécu et les
expériences. En entreprise, il faut entretenir la diversité et éviter
le clonage des personnes en place. M. Elmar Mock, de
Créaholic, donne sa vision philosophique de la créativité: elle passe
de l'état gazeux (rêves, fantasmes), à l'état liquide (évolution,
développement) puis à l'état solide (finalisation de la créativité dans
l'innovation). Dans l'entreprise, on connaît bien la relation
amour-haine entre le gaz (le design) et le cristal (l'ingénierie).
Créaholic, sorte de « Casanova de l'innovation », est une entreprise
fournissant des idées à ses clients par fertilisation croisée. Pour M.
Mock, innover c'est comme être jeté à l'eau et apprendre à nager, ou
skier dans la neige poudreuse sans avoir peur de l'avalanche !
Dans le panel qui clôture la journée, il est relevé la nécessité de
développer des réseaux de compétences et de faire face au changement
permanent. Les Universités et Hautes écoles spécialisées devront faire
plus de propositions d'innovation aux entreprises et favoriser leur
émulation. M. Pierre-Olivier Chave, de Neode et du holding PX, définit
ainsi les facteurs-clés de l'innovation : savoir se remettre en cause,
garder un esprit ouvert, rester humble. François H. Courvoisier, professeur Haute école de gestion Arc de Neuchâtel Téléchargements
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